Martial Beyrand : vie et famille

04 décembre 2015

Un brave homme, le général Martial Beyrand (1768-1796)

Un brave homme, le général Martial Beyrand (1768-1796)
Auteur : Joseph Durieux

Bonaparte ressentit un vif chagrin de la mort de Beyrand tué à Castiglione : « Nous avons perdu, écrivit-il, le général Beyrand. Celle perte très sensible à l'armée l'a été plus particulièrement pour moi. Je faisais le plus grand cas des qualités guerrières et morales de ce brave homme. »

L'officier général qui laissait de pareils regrets, exprimés par un tel juge, appartient à la pléiade héroïque des généraux républicains tombés à la fleur de l'âge, moissonnés avant la trentième année : Lecomte, Sarret, Banel, Marceau, Abbatucci, Mireur, Lanusse.

Martial Beyrand naquit à Limoges, hôtel de Sainte-Catherine, le 9 septembre 1768, et fut baptisé le même jour, paroisse Saint-Michel. Son père était « bourgeois et marchand » de cette ville. Son oncle et parrain, M. Joubert, lui donna le prénom de Martial, qui est le nom d'un saint patron du Limousin et qui rappelle, par surcroît, celui du dieu de la guerre. II eut pour marraine sa graud'mère maternelle, Léonarde Rougerie.

Ayant perdu son père d'assez bonne heure, il fut élevé par sa bonne et tendre mère, née Jeanne Sazerat. Puis, le 6 avril 1783, il s engagea au régiment de Bassigny. Les contrôles du corps nous ont fourni le signalement de ce soldat de quatorze ans : taille cinq pieds, visage petit et uni, front couvert, nez bien fait (1), bouche petite, menton rond, yeux gris bleus et grands, sourcils et cheveux châtain clair. Il ne servit que quelques mois et partit en congé pour raison de santé ou peut-être par défaut d'âge le 19 septembre 1783 jusqu'au 15 avril de l'année suivante, comme le prouve son congé de la compagnie de Mousin. Revenu de Cherbourg à Limoges, il se remit à l'étude, s'enflamma au récit des guerres de Louis XIV et admira Condé, Turenne, Catinat.

Il rengagea dans le régiment de Touraine (33e) et y passa trois années, du 1er mars 1785 au 1er mai 1788, à la compagnie de Pesseplane. Congédié par remplacement, il retourna dans sa ville natale pour obéir à sa mère. Il fut incorporé dans la garde nationale l'année suivante.

La levée des Volontaires le fit rentrer au service pour la troisième fois, le 3 octobre 1791, en qualité de capitaine élu à 6e compagnie du 2e bataillon de la Haute-Vienne. Après avoir tenu garnison à Etampes et à Villers-Cotterets, il prit part aux campagnes du Nord en 1792 et pendant une partie de 1793. II avait sollicité vainement, le 28 décembre 1792, une place de lieutenant dans les troupes légères à cheval, en invoquant ses services militaires avant et depuis la Révolution, son patriotisme éclairé et soutenu, son caractère vraiment républicain.

A la défense du Quesnoy, Beyrand refusa d'être fait prisonnier il se déguisa en charbonnier, sortit de la place et rejoignit Jourdan. qui l'envoya en mission à Paris.

Promu chef du 12e bataillon de la Haute-Vienne (août 1793). il devint adjudant-général chef de bataillon le 9 novembre de la même année et reçut à Limoges l'ordre de partir pour les Pyrénées. En décembre, on le trouve à Meymac où il est requis par le représentant du peuple Lanot de dissiper des attroupements contre-révolutionnaires qui se forment dans le département de la Corrèze [Lettres du 2 nivôse an II (22 décembre 1793), du représentant Lanot au ministre de la Guerre Bouchotte et au général Doppet, commandant l'armée des Pyrénées-Orientales]. Avec un bataillon de la garde nationale de Limoges, ces opérations sont vite terminées, la révolte est comprimée. Beyrand se rend à sa destination; il arrive à Perpignan le 23 janvier 1794.

A Saint-Laurent de la Mouga, le 13 août, notre armée se bat avec une sorte de frénésie de deux heures du malin à six heures du soir elle compte 187 morts et 599 blessés qui ont scellé de leur sang une victoire aussi glorieuse qu'utile. L'adjudant-général Beyrand reçoit à la tète une grave blessure et continue de se battre. D'après les constatations du chirurgien Rouget, une halle « poussée par l'explosion de la poudre à canon » lui confondit l'os pariétal droit, près de son angle postérieur et supérieur. Augereau permit à Beyrand, le 17, de se rendre à Arles pour se faire traiter. Le chef de brigade Cosson lui écrivait du Boulou : « Je suis bien fâché que la blessure prenne une tournure à te faire souffrir quelque temps. » On craignit pour ses jours, à cause d'accidents qui survinrent et qui furent « combattus avec succès par les moyens appropriés »; mais le traitement fut long [certificat du Ier brumaire an III (22 octobre 1794].

Le blessé manifesta généreusement sa gratitude envers ceux qui l'avaient soigné. Nous en voyons la preuve dans une lettre datée d'Arles, 3e jour des sous-culottides de l'an II, et adressée à Beyrand :

« Tu as voulu, citoyen, me donner une preuve ostensible de la reconnaissance par l'offrande que tu m'as fait remettre, et je sens par là que tu n'as pu te dispenser de suivre les mouvements d'une âme généreuse; pense néanmoins, je te prie, que je me fusse cru trop récompensé d'avoir rendu à ses drapeaux un brave général que son courage fera compter plus d'une fois encore parmi les héros de la République, et que s'il est de douces jouissances pour un officier de santé, c'est de revoir aux premiers rangs un front couvert de cicatrices que sa main a pansées. Mais puisque tu as voulu mettre un tout autre prix aux soins que je t'ai donnés, reçois à ton tour l'hommage de ma gratitude et de mon amitié.

« Salut et fraternité,

« Lefebvre,
« Chirurgien de Ire classe ».

Beyrand reprit son service et continua de se distinguer dans cette campagne. Il en fut récompensé par sa nomination provisoire au grade de général de brigade, que les représentants Vidal et Delbrel signèrent le 24 novembre (4 frimaire an III) à La Jonquère, après avoir été instruits par le général divisionnaire Augereau « de la bravoure éprouvée, des talents précieux, de la grande application et des vues très saines qu'a toujours montrées l'adjudant-général Beyrand, et particulièrement dans les glorieuses journées du 26 thermidor (où il a été blessé), des 27 et 30 brumaire ».

Voici la composition de la brigade Beyrand à l'armée des Pyrénées-Orientales :

39e demi-brigade, 1.516 hommes :

Ier bataillon................................ 481 hommes
2 e— ............................... 478 —
3e — ............................... 557 —

145e demi-brigade, 1.065 hommes

1er bataillon................................ 360 hommes
2e — ................................ 356 —
3e — ................................ 349 —

Canonniers. — Batterie de gauche, 76 hommes :

4e régiment................................ 14 hommes
6e bataillon de l'Aude................................ 32 —
4e — du Lot................................ 30 —

Compagnie de la Haute-Loire. —

Batterie de droite................................ 61 —

15e régiment de dragons. —

Compagnie de Ventre................................ 41 —

Au total................................ 2.759 hommes

La Convention décréta que l'armée des Pyrénées ne cessait de bien mériter de la patrie. Beyrand et ses soldats purent prendre une juste part de ces éloges. Une de leurs opérations les plus brillantes fut celle du village de Besalu, sur les bords de la Fluvia, le 28 février 1795.

Les officiers et sous-officiers de la 39e demi-brigade virent avec douleur que la nouvelle organisation de l'armée les privait de leur général, qui fut mis en réforme le 13 juin. Aussi, voulant lui donner un témoignage de leur attachement, de leur estime et de leurs regrets, certifièrent-ils à Figuières, le 14 messidor an III (2 juillet 1795), au nombre de centre quatre signataires, que le général Beyrand avait donné des preuves en tout temps, et comme soldat et comme général, du zèle, du courage, de l'intelligence et de l'activité qui caractérisent l'homme digne de commander des républicains et de leur montrer le chemin de la victoire :

« Le 26 thermidor, étant blessé, la perte de son sang ne l'empêcha pas de rester au combat jusqu'à ce que les ennemis furent mis en fuite. Il n'a jamais cessé de prêcher l'amour de la liberté et de l'égalité, le respect pour les lois, les personnes et les propriétés, la haine de la tyrannie et de la royauté. » Ils reconnaissaient en lui le patriotisme le plus ardent, le républicanisme le plus prononcé et le civisme le plus pur.

Augereau décernait les meilleures notes à son subordonné, à son camarade.

Liberté — Égalité
Armée des Pyrénées-Orientales, division n° I.

Je soussigné certifie que le général de brigade Beyrand a servi sous mes ordres depuis le mois de nivôse an 2e, en premier lieu comme adjudant-général chef de mon état-major jusqu'au mois de brumaire an 3e où il a été nommé au grade de général par les représentants du peuple près de cette armée. Il s'est trouvé à toutes les affaires qui ont eu lieu dans ma division, notamment à celles des 9, 10 et 30 floréal an 2e, à celle du 26 thermidor même année, ayant été blessé dangereusement le matin, il fut se faire panser et retourna au combat qu'il ne quitta que le soir de la retraite. Aux glorieuses journées des 27 et 30 brumaire, il a toujours combattu à mes côtés; en un mot. je n'ai que des éloges bien mérités à faire de cet officier qui dans toutes les occasions a montré la plus grande intelligence et une bravoure à toute épreuve. Aussi zélé militaire que bon Républicain, il a toujours professé les principes du plus pur Civisme; en foi de quoi je lui ai délivré le présent pour lui servir et valoir en cas de besoin. Au quartier général de Villafan, le 14 messidor an 3e de la République une et indivisible.

Le Général divisionnaire, commandant la division n° I.

(Cachet rouge)
Augereau.

La même appréciation se retrouve sous la plume de Lannes et de Pérignon :

Figuières, le 18 messidor an III (6 juillet 1795).

Le général de division chef de l'état-major général certifie que le c. Beyrand a rempli dans cette armée les fonctions d'adjudant-général chef de bataillon depuis le 3 ventôse de l'an III jusques au 30 brumaire de l'an III, époque de sa promotion au grade de général de brigade, dont il n'a cessé les fonctions que d'après l'arrêté du Comité de Salut public du 11 prairial, qu'il a constamment rempli ses devoirs avec zèle, activité et intelligence.

Lannes.

Toulouse, le 16 vendémiaire an IV (7 octobre 1790).

Pérignon général de division certifie que le c. Beyrand a servi dans l'armée des Pyrénées Orientales pendant toute la guerre contre l'Espagne. Il y a passé par plusieurs grades jusqu'à celui de général de brigade inclusivement et il a montré, dans tout, un zèle et un courage également dignes d'éloges.

Pérignon.

Les suffrages des généraux et des soldats sont unanimes, comme on le voit, à proclamer sa valeur, ses mérites et ses qualités.

Beyrand devait faire en Italie sa dernière campagne. Quatre divisions de l'armée des Pyrénées Orientales renforcèrent l'armée d'Italie de plus de 15.000 soldats : elles apportaient avec elles, comme l'a dit un historien, l'entrain, la confiance que donne la victoire, la crânerie quelque peu tapageuse de leur principal chef Augereau. ainsi que l'habitude de supporter sans se plaindre toutes les privations.

De Ceriale, le 13 brumaire an IV (4 novembre 1795), Augereau écrivait à son ami Beyrand : « Il y a huit jours que je suis arrivé à l'armée d'Italie avec les débris de l'armée des Pyrénées. Ils sont tous sous mon commandement, à la droite de l'armée. L'armée d'Italie en général est excellente. Je t'assure que cette pauvre armée souffre bien. Il faut qu'ils aient bien des vertus. Le pays est généralement très mauvais, manquant de tout. »

L'armée est pauvre, dénuée presque de tout elle aussi. Les soldats sont peu nourris, mal chaussés et mal vêtus. Le caporal Raverat, jadis apprenti tailleur, ayant réussi à se procurer quelques lambeaux de drap, réparait sa culotte et celle de son lieutenant. Pendant cette opération, l'officier et son subordonné avaient les jambes et les cuisses au vent. Augereau les vit et s'avança vers eux, les apostropha avec sa brusquerie coutumière : « Eh ! bien, que f..tez-vous donc là, dans une pareille tenue ? — Ma foi, citoyen général, répondit Haverat sans hésiter, nous f..tons des pièces à nos culottes. Puisque la République ne peut pas nous donner des culottes neuves, il faut bien que nous raccommodions les vieilles ! »

Cette scène, de rapetassage, qu'eût spirituellement rendue le crayon de Raffet, est aussi jolie qu'authentique et d'une rigoureuse exactitude. Qu'on se rappelle, en effet, la célèbre proclamation du commandant en chef : « Soldats, vous êtes nus, mal nourris. Le Gouvernement vous doit beaucoup, il ne peut rien vous donner ! »

C'est avec cette armée légendaire que vient combattre Beyrand, pendant la campagne de 1796, immortelle, féconde en prodiges. Sur le témoignage « avantageux » des représentants limousins Bordas, Gay-Vernon et Marbot, il a obtenu la confirmation de son grade de général, par arrêté du Comité de Salut public et son rappel à l'activité (4 novembre 1795).

Il occupe Millesimo. A Ceva, où s'est retranchée l'armée sarde, il conduit la 4e demi-brigade (alors 39e) et le 3e bataillon de la 25e (alors 84e) et scinde en deux groupes à Paroldo sa colonne de 2.600 hommes, afin de prendre en flanc les redoutes de la Pedaggiera et de Govone; le chef de la 39e demi-brigade est frappé à mort à l'attaque des retranchements (16 avril). Il se couvre de gloire à la bataille de Lodi le 10 mai et reçoit du Directoire, le 18, des félicitations pour sa conduite.

Liberté — République Française — Égalité
Section de la guerre, directoire exécutif, Carnot président

Paris, du 29 floréal au 4e de la République française, une et indivisible.

Le Directoire exécutif au général Beyrand, armée d'Italie.

En achevant avec les troupes qui étaient sous vos ordres, citoyen général, la défaite de l'ennemi à la bataille de Lodi, vous avez acquis des droits à en partager la gloire qui sera longtemps mémorable et chère à la République. Recevez les témoignages de satisfaction du Directoire comme un gage de la reconnaissance nationale à laquelle vous aspirez.

Pour expédition conforme : Le Secrétaire général, Lagarde.
Par le Directoire exécutif : Carnot, président.

A Castiglione la division Augereau arrive le Ier août à la pointe du jour. Le général en chef est attendu par le zèle ardent des troupes : « Vous avez à combattre 25.000 hommes, leur dit-on. — Eh ! que nous importe le nombre ? Nous sera-t-il plus difficile de sauver l'armée d'Italie qu'il ne nous l'a été de sauver celle des Pyrénées ? » Beyrand se place à la tête des 4e et 17e demi-brigades en colonne en masse, au pas de charge, et se porte, le premier rang baïonnettes en avant, sur les hauteurs de droite. Une partie des Autrichiens s'enfuit, l'autre met bas les armes. Mais bientôt l'ennemi reprend courage lorsqu'il voit que les Français ne sont pas en force; il se rallie et reprend la fusillade. Beyrand tombe mortellement blessé; le chef de la 4e demi-brigade Pourailly est tué également (2). Augereau accourt instruit de la fin de ces deux braves : « Camarades, crie-l-il, suivez-moi et jurez sur vos baïonnettes de venger leur mort ! » Le terrible pas de charge est battu aussitôt, l'ennemi, renversé sur tous les points, essuie une déroute complète. La victoire de Castiglione nous valait la conservation de l'Italie.

Ainsi périt à vingt-sept ans. ayant assuré la victoire, le général Martial Beyrand, l'un de ces généraux imberbes qui, suivant le mot du poète, éblouirent le monde. A lui s'applique en toute justice le jugement qu'on porta sur les braves qui rentrèrent en France : Il était de l'armée d'Italie!

Cette perte affecta profondément Augereau. De Vérone, le 14 fructidor (31 août), le futur duc de Castiglione mandait à la citoyenne veuve Beyrand : « Si je ne vous ai pas écrit plus tôt, c'est pour ne pas être le premier à vous apprendre la mort de votre fils, qui sûrement me cause autant de regret qu'à vous. Mais que faire dans de pareilles circonstances ? La mort n'a jamais tort. J'ai perdu un ami que je regretterai toute ma vie. La République réparera difficilement cette perte. Ainsi, chère citoyenne, consolez-vous. Votre fils est mort glorieusement sur le champ d'honneur, les armes à la main, pour la défense de sa patrie.. » Et quelques jours plus tard, le 4e complémentaire an IV (20 septembre), il écrivit de Brescia au citoyen Labrousse : « Je ne vous exprimerai pas, citoyen, les regrets que j'ai donnés et que je donne encore à la perte du général Beyrand. L'attachement que vous me connaissiez pour lui suffit pour vous convaincre de toute leur étendue et de leur sincérité. »

De son côté, le chef de brigade Dupuy (3) adressait à Mme Beyrand, le 6 mars 1797, la lettre ci-après :

Armée d'Italie, la République ou la mort, Division

Milan, le 16 ventôse.
5e année de la République une et indivisible.

Dupuy, chef de la 32e demi-brigade d'infanterie de ligne, commandant la place et le château de Milan, à la citoyenne Beyrand.

Vous trouverez ci-joint, Citoyenne, le témoignage glorieux que plusieurs généraux sous lesquels votre brave et malheureux fils avait servi, se sont plu à rendre à sa probité et à ses vertus militaires et républicaines.

Puisse cette marque de la confiance et de l'estime générale dont il a joui, remplir vos vues, et porter dans votre unie affligée la consolation dont elle a besoin. Je m'applaudirai de mon côté d'y avoir contribué en quelque chose.

Je vous salue fraternellement.

Dupuy.

Dupuy annexait à ce billet la déclaration suivante :

« Je déclare que j'ai toujours reconnu le citoyen Beyrand, général de brigade, comme un libre républicain et bon soldat, et qu'il a emporté tous les regrets de tous ses camarades.

« Milan, le 16 ventôse 5e année républicaine.

« Le chef de la 32e, commandant la place,
« Dupuy. »

Voici maintenant les attestations de Verdier, Guieu, Duphot, Boyer, datées du Ier mars 1797 :

Liberté— République française — Égalité
Armée d'Italie, division n° 2

Rendant justice à la vérité, je déclare à tous ceux qu'il appartiendra que le général de brigade Beyrand, natif de Limoges, département de la Haute-Vienne, a fait toutes les guerres des Pyrénées-Orientales, attache à la division du général Augereau, comme adjudant-général chargé du détail de cette division : et par la suite comme général de brigade; qu'il a continué son service à l'armée d'Italie dans la même division et dans le même grade jusqu'au 16 thermidor, jour de la bataille à laquelle il fut tué en combattant vaillamment à la tête de la 4e demi-brigade de ligne, après avoir forcé le village de Castiglione.

Je certifie, en outre, que le citoyen Beyrand a, partout et dans toutes les circonstances, montré le plus sincère dévouement à la chose publique, et que pendant qu'il m'a été connu, je l'ai toujours vu un de ses plus ardents défenseurs, n'ayant d'autres principes que la probité la plus sincère el le républicanisme le plus épuré. En foi de quoi j'ai signé le présent pour valoir devant qui de droit.

Fait à La Caritas, devant Trévigio, le II ventôse, l'an V de la République une et indivisible.

Le général de brigade, commandant l'avant-garde de ladite division.

J .-A. Verdier (4).

Je soussigné, Jean-Joseph Guieu, général de division, qui ai connu le général Beyrand à l'armée des Pyrénées et à celle d'Italie, certifie que les bons témoignages que le général Verdier rend sur le compte de ce brave général contiennent vérité.

A Treviso, le II ventôse 5e année républicaine.

Guieu (5).

J'ai eu l'avantage de servir avec le général Beyrand pendant toute la guerre des Pyrénées, et je déclare que j'ai toujours eu la plus parfaite estime pour son civisme, son courage et ses talents militaires.

Treviso. le II ventôse an V de la République Française.

L'adjudant général commandant l'infanterie d'avant-garde,
Duphot (6).

J'atteste que je n'ai reconnu d'autres principes dans le «encrai lîeyraiul. que j'ai eu l'avantage de connaître en Espagne et en Italie, que ceux d'un vrai républicain et d'un militaire dévoué à la Patrie.

L'adjudant général chef d'état-major de la division d'Augereau,
Boyer (7).

Une appréciation du biographe ne peut rien ajouter aux certificats des frères d'armes qui confirment si complètement le jugement souverain du général en chef et font de Beyrand un nom glorieux de l'Histoire.

La mère du général Beyrand obtint du Premier Consul une pension de mille francs (29 brumaire an XII). Née à Limoges le 3 décembre 1747, baptisée à Saint-Maurice de la Cité, Jeanne Sazerat était veuve de Guillaume Beyrand depuis 1780. Elle avait eu deux autres fils plus âgés que Martial : I° Pierre, aide de camp du général Barre, tué le 15 octobre 1793, pendant la guerre de Vendée, entre Montaigu et Cholet; 2° autre Pierre, négociant à Limoges, ancien commissaire des vivres à l'armée impériale, époux de Léonarde Montégut. Le fils de celui-ci, Martial, propriétaire à Chamboulive (Corrèze), a laissé deux enfants de son mariage avec Claudine Valette : Céline, célibataire, et Édouard, conservateur des hypothèques à Poitiers, époux d'Antoinette Terrion. De cette union sont issus : Hyppolyte, docteur en droit, avocat à Tulle : Caroline, mariée avec le chef d'escadron d'artillerie Languepin, chevalier de la Légion d'honneur; et Alfred, docteur-médecin à Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise).

Nous remercions très vivement ici les petits-neveux du général Beyrand d'avoir bien voulu nous communiquer, par l'obligeant intermédiaire de M. Louis de Nussac, les papiers inédits qui servirent, avec les documents des Archives de la Guerre, a composer cette notice.

En outre, d'utiles indications ont été puisées dans les ouvrages suivants : J.-B. Drapeyron, Éloge du général Beyrand, s l. n. d., in-8, 16 p.; Fervel, Campagnes de la Révolution dans les Pyrénées-Orientales, Tome II; maréchal Augereau, Bataille de Castiglione, Mémoires de tous, Tome II; Arthur Chuquet, Dugommier, Ordres et apostilles de Napoléon, Tome I; Félix Bouvier, Bonaparte en Italie; J. Charavay, Les généraux morts pour la Patrie; F. -A. Aulard, Recueil des actes du Comité de Saint public avec la correspondance officielle des représentants en mission, Tomes XVI et suivants.

Notes :

1. Aux termes du signalement de 1785, le front est large et découvert, le nez petit, aquilin et gros du bout.

2. « La colonne de Beyrand, écrivait Montégut, a été abîmé. Ces intrépides républicains se sont battus comme des lions et ont tenu ferme contre la cavalerie ennemie. Le général Beyrand est tué, ainsi que trois chefs de la brigade et quatre chefs de bataillon. Mais cette redoutable colonne a la gloire d'avoir sauvé l'armée. »

3. Dominique-Martin Dupuy, né à Toulouse en 1767; refusa le grade de général pour rester à la tête de la 32e demi-brigade, commanda la ville de Milan en novembre 1796, fut promu de nouveau général et périt au Caire en 1798.

4. Jean-Antoine Verdier, né à Toulouse en 1767, blessé à Saint-Laurent de la Mouga, se distingua à Figuières, puis à Castiglione, devint général de division, comte de l'Empire et grand-croix de la Légion d'honneur. Mort en 1839.

5. Jean-Joseph Guieu, né à Champcella (Hautes-Alpes) en 1758; général de brigade le 25 décembre 1793, général de division le 6 décembre 1796, mort en 1817.

6. Mathieu-Léonard Duphot, né à Lyon en 1769, fils d'un maître-maçon originaire de Soubrebost, près de Bourganeuf (Creuse); adjoint à l'état-major de l'armée des Pyrénées-Orientales, chef de brigade après les combats de Figuières, commandant de l'avant-garde d'Augereau en Italie, général de brigade en 1797, massacré à Rome le 28 décembre de la même année.

7. Henri-Jacques-Jean Boyer, né à Sarlat (Dordogne) en 1767; adjudant-général en 1793, général de brigade en 1803, mort en 1828.

versailles illustration : buste du général Beyrand exposé au château de Versailles.

Texte réédité, première édition : 1913.

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Généalogie de Martial Beyrand

Généalogie de Martial Beyrand (GénéaStar)

Génération 1

1 - Martial BEYRAND, général de brigade, est né le 9 septembre 1768 à Limoges (87), est décédé le 3 août 1796 à l'âge de 27 ans à Castiglione (Italie).

Il est le fils légitime de Guillaume BEYRAND (1742-1779), âgé de 25 ans, et de Jeanne SAZERAT (~ 1746-1817), âgée de 22 ans environ.

Génération 2

2 - Guillaume BEYRAND, marchand, bourgeois, est né le 12 novembre 1742 à Limoges (87), est décédé le 29 mars 1779 à l'âge de 36 ans dans la même localité.

Il est le fils légitime de Pierre BEYRAND (1705-1776), âgé de 37 ans, et de Pétronille TALANDIER (1711-1742), âgée de 31 ans.


3 - Jeanne SAZERAT, est née vers 1746, est décédée le 8 octobre 1817 à l'âge de 71 ans environ à Limoges (87).

Elle est la fille légitime de Léonard SAZERAT (°1719), âgé de 26 ans environ, et de Françoise JOUBERT (~ 1716-1780), âgée de 30 ans environ.

Guillaume et Jeanne se sont mariés le 11 juin 1765 à Limoges (87). Guillaume a 22 ans et Jeanne a 19 ans environ.

Les enfants de Guillaume et Jeanne sont :

• Pierre BEYRAND, né le 16 septembre 1766 à Limoges (87), décédé le 9 février 1820 à Limoges (87). Il s'unit avec Léonarde MONTÉGUT le 23 juin 1789. Il a 2 enfants : Jeanne et Martial.

• Martial BEYRAND, qui précède.

• Pierre BEYRAND, né le 7 mai 1772 à Limoges (87), décédé le 15 octobre 1793 à Cholet (49). Il n'a pas de descendance connue.

Génération 3

4 - Pierre BEYRAND, aubergiste, est né le 1er mars 1705 à Flavignac (87), est décédé le 25 septembre 1776 à l'âge de 71 ans à Limoges (87).

Il est le fils légitime de Pierre BEYRAND (~ 1667-1717), âgé de 38 ans environ, et de Jeanne PARTOUNAUD (~ 1672-1742), âgée de 33 ans environ.

5 - Pétronille TALANDIER, est née le 12 octobre 1711 à Limoges (87), est décédée le 22 novembre 1742 à l'âge de 31 ans dans la même localité.

Elle est la fille légitime de Jean TALANDIER (†1731) et de Marie MASSIAS.

Pierre et Pétronille se sont mariés le 7 janvier 1742 à Limoges (87). Pierre a 36 ans et Pétronille a 30 ans.

L'unique enfant de Pierre et Pétronille est :

• Guillaume BEYRAND, qui précède.

v v v

6 - Léonard SAZERAT , est né le 10 mai 1719 à Limoges (87).

Il est le fils légitime de Jean SAZERAT (~ 1690-1770), âgé de 29 ans environ, et de Marie RABY (†1740).

7 - Françoise JOUBERT, est née vers 1716, est décédée le 26 mai 1780 à l'âge de 64 ans environ à Limoges (87).

Elle est la fille légitime de Pierre JOUBERT et de Jeanne ROUFFIE.

Léonard et Françoise se sont mariés le 4 février 1744 à Saint-Paul (87). Léonard a 24 ans et Françoise a 28 ans environ.

L'unique enfant de Léonard et Françoise est :

• Jeanne SAZERAT, qui précède.

Génération 4

8 - Pierre BEYRAND, métayer, est né vers 1667, est décédé le 24 juillet 1717 à l'âge de 50 ans environ à Flavignac (87).

Il est le fils légitime de Jean BEYRAND (°1619), âgé de 47 ans environ, et d'Élie JOUHAUD (†1694).

9 - Jeanne PARTOUNAUD, est née vers 1672, est décédée le 10 juin 1742 à l'âge de 70 ans environ à Flavignac (87).

Elle est la fille légitime de François PARTOUNAUD et de Martiale BOISSOU.

Pierre et Jeanne se sont mariés le 12 juillet 1689 à Flavignac (87). Pierre a 22 ans environ et Jeanne a 17 ans environ.

L'unique enfant de Pierre et Jeanne est :

• Pierre BEYRAND, qui précède.

v v v

10 - Jean TALANDIER, aubergiste, est décédé le 22 décembre 1731 à Limoges (87).
Il est le fils légitime de Charles TALANDIER (1657-1728) et de Peyronne LAROUDIE (†1739).

11 - Marie MASSIAS.
Elle est la fille légitime de Pierre MASSIAS (1666-1739) et de Peyronne BARNY (°1661).

Jean et Marie se sont mariés le 11 février 1710 à Limoges (87).

L'unique enfant de Jean et Marie est :

• Pétronille TALANDIER, qui précède.

v v v

12 - Jean SAZERAT, maître-maréchal, est né vers 1690, est décédé le 7 avril 1770 à l'âge de 80 ans environ à Limoges (87).

Il est le fils légitime de Paul SAZERAT (1642-1702), âgé de 47 ans environ, et de Louise SADRAN (°1650), âgée de 39 ans environ.

13 - Marie RABY, est décédée le 19 avril 1740 à Limoges (87).

Elle est la fille légitime de Jean RABY (°1667) et de Valérie PASQUIN.

Jean et Marie se sont mariés le 27 janvier 1716 à Limoges (87). Jean a 26 ans environ.

Les enfants de Jean et Marie sont :

• Léonard SAZERAT, qui précède.

• Barthélémy SAZERAT, né le 2 octobre 1732 à Limoges (87). Il s'unit avec Marguerite MASSALOUX le 9 juillet 1754. Il n'a pas de descendance connue.

• Marie SAZERAT, née le 13 mai 1737 à Limoges (87), décédée le 26 octobre 1812 à Saint-Junien (87). Elle s'unit avec Pierre DUPUY le 25 novembre 1760. Elle n'a pas de descendance connue.

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14 - Pierre JOUBERT, marchand.

Il est le fils légitime de Jean JOUBERT et de Jeanne GUÉRIN.

15 - Jeanne ROUFFIE.

Elle est la fille légitime de Jacques ROUFFIE (°~ 1641) et de Françoise DELORS (°~ 1652).

Pierre et Jeanne se sont mariés le 1er  juillet 1714 à Saint-Léonard-de-Noblat (87).

L'unique enfant de Pierre et Jeanne est :

• Françoise JOUBERT, qui précède.

Génération 5

16 - Jean BEYRAND, est né le 15 septembre 1619 à Flavignac (87).

Il est le fils légitime de Pierre BEYRAND (~ 1583-1667), âgé de 36 ans environ, et de Narde DAURIAT.

17 - Élie JOUHAUD, est décédée le 23 juillet 1694 à Flavignac (87).

Jean et Élie se sont mariés à une date inconnue.

L'unique enfant de Jean et Élie est :

• Pierre BEYRAND, qui précède.

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18 - François PARTOUNAUD.

19 - Martiale BOISSOU.

François et Martiale se sont mariés le 15 janvier 1658 à Flavignac (87).

L'unique enfant de François et Martiale est :

• Jeanne PARTOUNAUD, qui précède.

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20 - Charles TALANDIER, marchand, bourgeois, est né le 1er avril 1657 à Limoges (87), est décédé le 25 mars 1728 à l'âge de 70 ans dans la même localité.

21 - Peyronne LAROUDIE, est décédée le 5 novembre 1739 à Limoges (87).

Charles et Peyronne se sont mariés à une date inconnue.

L'unique enfant de Charles et Peyronne est :

• Jean TALANDIER, qui précède.

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22 - Pierre MASSIAS, aubergiste, est né le 31 mai 1666 à Limoges (87), est décédé le 8 février 1739 à l'âge de 72 ans dans la même localité.

23 - Peyronne BARNY, est née le 7 avril 1661 à Limoges (87).

Pierre et Peyronne se sont mariés le 17 janvier 1691 à Limoges (87). Pierre a 24 ans et Peyronne a 29 ans.

L'unique enfant de Pierre et Peyronne est :

• Marie MASSIAS, qui précède.

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24 - Paul SAZERAT, maître-maréchal, est né le 6 novembre 1642 à Limoges (87), est décédé le 18 juin 1702 à l'âge de 59 ans dans la même localité.

25 - Louise SADRAN, est née le 25 juin 1650 à Limoges (87).

Paul et Louise se sont mariés le 29 juillet 1671 à Limoges (87). Paul a 28 ans et Louise a 21 ans.

L'unique enfant de Paul et Louise est :

• Jean SAZERAT, qui précède.

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26 - Jean RABY, bourgeois, est né le 31 mars 1667 à Limoges (87).
Il est le fils légitime de Barthélémy RABY et de Marie DUBOYS.

27 - Valérie PASQUIN.

Jean et Valérie se sont mariés à une date inconnue.

L'unique enfant de Jean et Valérie est :

• Marie RABY, qui précède.

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28 - Jean JOUBERT.

29 - Jeanne GUÉRIN.

Jean et Jeanne se sont mariés à une date inconnue.

L'unique enfant de Jean et Jeanne est :

• Pierre JOUBERT, qui précède.

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30 - Jacques ROUFFIE, maître-papetier, est né vers 1641.

31 - Françoise DELORS, est née vers 1652.

Jacques et Françoise se sont mariés le 26 mai 1682 à Saint-Léonard-de-Noblat (87). Jacques a 41 ans environ et Françoise a 30 ans environ.

L'unique enfant de Jacques et Françoise est :

• Jeanne ROUFFIE, qui précède.

Génération 6

32 - Pierre BEYRAND, est né vers 1583, est décédé le 24 septembre 1667 à l'âge de 84 ans environ à Flavignac (87).

33 - Narde DAURIAT.

Pierre et Narde se sont mariés le 21 septembre 1617 à Flavignac (87). Pierre a 34 ans environ.

L'unique enfant de Pierre et Narde est :

• Jean BEYRAND, qui précède.

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52 - Barthélémy RABY, maître-chirurgien.

Il est le fils légitime de Jean RABY (~ 1595-1678) et de Charlotte GELIBERT.

53 - Marie DUBOYS.

Barthélémy et Marie se sont mariés vers 1655.

Les enfants de Barthélémy et Marie sont :

• Léonard RABY, né le 13 janvier 1664 à Limoges (87), décédé à une date inconnue. Il s'unit avec Marie LASSAIGNE. Il a 2 enfants : Étienne et Guillaume.

• Jeanne RABY, née le 10 mars 1665 à Limoges (87), décédée le 19 mars 1714 à Limoges (87). Elle s'unit avec Pierre RABY le 31 mai 1690. Elle n'a pas de descendance connue.
• Jean RABY, qui précède.

• Pierre RABY, né le 26 février 1669, décédé le 24 mars 1740 à Limoges (87). Il s'unit avec Marie CHARLES le 6 février 1697, puis avec Rose ORIGET le 19 octobre 1717. Il a 3 enfants : Pierre, Antoine et Pierre.

Génération 7

104 - Jean RABY, maître-apothicaire, est né vers 1595, est décédé le 5 octobre 1678 à l'âge de 83 ans environ à Limoges (87).

Il est le fils légitime de Léonard RABY et de Peyronne de BEAUBREUIL.

105 - Charlotte GELIBERT.

Jean et Charlotte se sont mariés vers 1620. Jean a 25 ans environ.

L'unique enfant de Jean et Charlotte est :

• Barthélémy RABY, qui précède.

Liste éditée avec Hérédis.

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